LA PAROLE QUI SAUVE

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Le travail selon la Bible

Le travail selon la Bible

 

Robert Somerville

Le mot français travail provient, paraît-il, du mot latin tripalium, qui désignait un instrument de torture ! Beaucoup de gens pensent en effet que le travail est la punition que Dieu a infligée à l’humanité à la suite de la désobéissance d’Adam et Ève dans le livre de la Genèse. Mais ce n’est pas ce que dit la Bible. La sanction du péché n’est pas le travail… …mais la peine qui s’attache au travail. « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain. » En réalité, dès la création, le travail fait partie du plan de Dieu pour l’humanité. Il ne s’agit pas d’une punition, mais au contraire d’un geste de confiance du Créateur qui associe sa créature à son œuvre de gestion de la terre. En effet, selon le livre de la Genèse, le Seigneur Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder. Dieu fait de l’homme son jardinier. Autrement dit, l’homme n’est pas seulement un être de nature, mais un être de culture appelé à gérer la création, transformer son environnement pour rendre sa vie plus sûre et plus agréable. Par nature, l’être humain est singulièrement faible et désarmé. Il a peu de force physique, pas d’armes pour se défendre, aucune protection contre le froid. Mais il supplée à ces manques par son travail, les outils qu’il se donne, les techniques qu’il met en œuvre. C’est ainsi qu’il transforme son environnement pour le rendre plus sûr, plus vivable, plus agréable. En agissant ainsi, il est bien le jardinier de Dieu, son collaborateur. Il répond à la vocation que Dieu lui a donnée : en le plaçant dans le jardin pour le cultiver et pour le garder. C’est bien par son travail qu’il répond à cette vocation En dominant et transformant la nature, l’homme ne se révolte pas contre Dieu (comme le croyaient certains Grecs : selon la légende de Prométhée, que les dieux ont puni pour leur avoir volé le feu, qui symbolise la technique). Le monde dans lequel nous vivons est certes une création divine. Mais nous ne le connaissons que transformé, humanisé grâce au travail humain. Quelques rares endroits font exception : les pôles, la haute montagne, certains déserts, des forêts tropicales inexploitées. Sans le travail humain, voulu par Dieu, l’humanité ne trouverait guère dans la nature de quoi survivre. Une grande partie de ce qui rend sa vie sûre et agréable est le fruit de son travail, dont on ne peut nier qu’il est créateur de richesses. Dieu n’a pas voulu que les humains soient seulement des consommateurs, des profiteurs, mais des producteurs, des artisans, autrement dit, ses associés, ses collaborateurs. La confiance que Dieu leur fait leur donne une responsabilité devant Dieu, qui leur confie une tâche à accomplir, mais aussi devant les autres humains avec qui et pour qui ils travaillent. Par son travail, l’être humain sert et glorifie Dieu. Mais alors… Le malheur, c’est que l’homme, en désobéissant à Dieu, a perturbé sa relation avec le Créateur, mais aussi avec la création. D’où la conséquence : le travail devient pénible. La peine du travail ne se limite pas aux efforts qu’il demande (la sueur de son front), mais implique toutes sortes de souffrances et de frustrations : la fatigue nerveuse lorsque la fatigue physique est allégée, la contrainte, la précarité, la monotonie, les relations conflictuelles, et bien sûr des salaires trop souvent insuffisants. La Bible condamne sévèrement les maîtres qui ne donnent pas un juste salaire à leurs employés (Jacques 5.1-6). Malgré cela, le travail peut être un lieu de création, d’épanouissement de la personne, lorsque l’ouvrier peut se réjouir de ses œuvres. Ne pas pouvoir le faire, comme dans le cas de chômage, est un malheur et pas seulement pour des raisons économiques. Une autre dimension Mais surtout, le travail est une forme de service du prochain et de Dieu. Le travail de chacun est un service rendu à d’autres. Nous bénéficions tous de mille façons du labeur de nos prochains. Le travail contribue donc à unir les humains, il est un facteur de communauté. Malheureusement, dans un monde pécheur, le travail peut devenir une cause de divisions et de conflits, une façon d’exploiter les plus faibles (qu’on pense à l’esclavage). Il reste que Dieu nous commande de travailler. La paresse, le refus de travailler sont condamnés dans la Bible. Mais l’obligation de travailler n’est pas sans limite. Le quatrième commandement nous dit : « Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. » (Exode 20.9-10). Mais il ajoute : « Mais le septième jour est le sabbat du Seigneur ton Dieu, et tu ne feras aucun ouvrage. » Cette parole nous rappelle que le travail n’est pas tout, que la vie d’un être humain n’est pas seulement ce qu’il en fait par ses efforts. Elle est aussi et d’abord un don de Dieu. Nous avons donc la liberté et même l’obligation de faire halte un jour par semaine pour nous souvenir de ce que nous avons reçu du Seigneur et célébrer la générosité divine. On lit sur certaines tombes : Le travail fut sa vie. On peut se demander alors quelle place il y a eu dans cette vie pour l’amour, la famille, les loisirs, la louange du Seigneur. Le risque d’idolâtrie du travail existe. Le commandement du repos nous en délivre. --------------------------------------------------------------------------------



23/05/2011
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